OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les rockuptibles du Bangladesh http://owni.fr/2012/07/09/les-rockuptibles-du-bangladesh/ http://owni.fr/2012/07/09/les-rockuptibles-du-bangladesh/#comments Mon, 09 Jul 2012 09:09:34 +0000 Maxime Vatteble http://owni.fr/?p=115549

Concert de The Ruby Cube à l'International (c) TomoWat via Adèle Bauville

Une petite histoire révélant les limites d’un système. Le 30 juin 2012,  Killtronik, jeune groupe parisien, a été désigné vainqueur du dernier concours InrocksLab de la saison dans la catégorie choix du public. Ce public était exclusivement composé d’internautes qui ont voté en ligne pour leur groupe favori. Ruby Cube, dauphin du concours avec 500 voix de retard, a émis des réserves à propos de la validité des votes et a demandé des explications au magazine. Adèle Bauville, manager du groupe, revient sur sa démarche :

Nous avons constaté une explosion du nombre de likes sur la page Facebook de Killtronic sur la durée du concours. Le nombre de fans est passé de 5000 à 10 000 en quelques semaines. On peut voir sur cette page publique que la majorité de ces likes proviennent de Dacca, au Bangladesh. Or, de nombreux votes ont été enregistrés entre minuit et 6h du matin.  Nous avons alors choisi de contacter la rédaction des Inrocks pour leur faire part de nos doutes.

Évolution du nombre de fans de Killtronik entre juin et juillet (capture d'écran facebook)

Le jury du concours se concerte et l’équipe décide de valider la victoire de Killtronic, en appliquant strictement le règlement. Contactée par mail, Abigail Ainouz, community manager des Inrocks, précise :

Nous sommes conscients des achats de fans Facebook de Killtronik mais nous n’avons actuellement pas de preuves quant au fait que les likes de vote de ce groupe sur notre plateforme (correspondant à un url tout à fait différent par rapport a leur page fan) soient également achetés et donc constituent une fraude. Nous ne pouvons pas disqualifier un groupe sans preuve suffisante.

La com’ de Danone et Nestlé envahit Facebook

La com’ de Danone et Nestlé envahit Facebook

Pour les géants de l'agroalimentaire, Facebook est le média idéal. Ils y créent des vrais faux comptes d'admirateurs de ...


Naturellement, l’achat de likes Facebook ou de followers sur Twitter n’est pas un crime. Certaines entreprises, à l’instar de la Française Boostic, en ont même fait leur spécialité et proposent à n’importe quelle structure d’améliorer son influence virtuelle. Aux États-Unis, Freelancer peut offrir ce service en achetant des fans depuis l’Inde, le Bangladesh, ou le Pakistan. Le manque de transparence de ces sociétés soulève toutefois de légitimes interrogations sur les méthodes utilisées.
Si rien n’interdit aux Bangladeshis de devenir les groupies d’un artiste français émergent, l’intérêt de constituer une communauté de fans à des milliers de kilomètres pour le groupe ne semble pas relever de l’évidence.
Alfio Rizzo, manager de Killtronic, évoque une autre pratique pour assurer la promotion des indépendants sur le web :

Nous cherchons avant tout à créer un trafic et augmenter au maximum notre visibilité. Notre stratégie repose sur un mailing intensif, basé sur le réseau international de notre producteur. C’est une technique très utilisée par les majors.

Un argument peu convaincant. L’enjeu serait alors d’affirmer une transparence. L’organisation des tremplins pourrait être biaisée par l’ampleur du phénomène et remettre en cause non seulement les règles du jeu mais surtout la crédibilité des organisateurs. Cette éventualité a été prise en compte par le jury, comme le confirme Abigail Ainouz :

C’est la dernière sélection de la saison, nous allons devoir modifier des outils techniques pour la rentrée pour tracker ces liens Facebook, et pouvoir ainsi connaitre l’origine et la fréquence de leur utilisation.

Des mesures déjà appliquées officieusement : une semaine après la parution des résultats, Killtronik a décidé d’annuler sa participation et a été disqualifié, lundi 9 juillet au matin. Le jury des Inrocks a alors attribué la victoire à Ruby Cube, qui aura le droit de se produire sur la scène de la Flèche d’Or, mercredi 11 juillet.

Et si toi aussi tu habites au Bangladesh et que tu apprécies cet article, n’hésite pas à liker.


Photo de The Ruby Cube à l’International de Tomo Wat (c), avec l’aimable autorisation d’Adèle Bauville

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Jeunes artistes : laissez-les chanter http://owni.fr/2011/04/29/festivals-les-jeunes-a-la-remorque-festivals-musique/ http://owni.fr/2011/04/29/festivals-les-jeunes-a-la-remorque-festivals-musique/#comments Fri, 29 Apr 2011 16:13:09 +0000 Claire Berthelemy http://owni.fr/?p=60049 Shaka Ponk, Yodelice, Lavilliers, Louis Chedid, Catherine Ringer, Keren Ann, Archive, BB Brune, AaRON, Katerine… tous vont se partager les scènes des différents festivals cette année. Leur notoriété semble plus importante que la découverte de jeunes pousses. Pourtant, les faire jouer coûte cher. Plus cher que de nouveaux talents.
Les tourneurs, qui organisent les tournées de ces artistes, expliquent cet état de fait par la notoriété du chanteur ou du groupe, qui permet le plus souvent aux programmateurs de rentrer dans leurs frais.

Aux Francofolies de la Rochelle, le ratio découverte/tête d’affiche est sensiblement le même chaque année: 15 pour 40. Les Premières Scènes Franco sont des scènes découvertes. Au nombre de douze environ cette année, ce sont des jeunes qui sortent du Chantier des Francos, inconnus du grand public. Du côté du festival, on affirme que :

Certains débutent dans le milieu et d’autres un peu moins mais, en général, il faut être curieux pour déjà les connaître ou les avoir entendus.

Entre la norme et la réalité parfois, il y a comme un grand écart. Au programme de cette édition 2011 des Francofolies, les Twin-Twin, qui bénéficient d’une certaine exposition, sont par exemple classés “découverte”. Mais aussi Mélanie Laurent, Zaz ou Ours, les deux derniers étant pour les programmateurs de “jeunes talents”, découverts l’an dernier au cours du festival. Le pari de lancer quelques jeunes talents semble dans ce cas réussi.

Et les retours sur investissement largement supérieurs à ceux escomptés. Sur les 130 concerts cette année, les artistes de la grande scène – ceux qui remplissent les salles le restant de l’année – vont jouer sur cinq scènes différentes par soir pendant quatre soirées. Pour le 14 juillet, ces privilégiés seront au nombre de six. Soit environ 26 chanteurs et/ou groupes mis en concurrence avec ces jeunes inconnus “à connaître”. Sans compter quelques artistes déjà plutôt médiatisés sur les quatre autres scènes. La programmation compte en effet plus de 40 chanteurs ou groupes dont la renommée est déjà faite et une quinzaine de véritables découvertes.

Money Money Money, must be funny

Parmi les artistes confirmés, les plateaux (salaires, cachet de l’artiste et les frais de route entre autres) sont élevés, sans que les artistes gagnent forcément des sommes pharamineuses. Un tourneur explique qu’avec un plateau évalué à 15.000 euros, il revient en moyenne 2.000 euros à l’artiste. Rien à voir avec le cachet que touche un débutant. Les prix de plateaux demandés par les tourneurs aux programmateurs de festivals sont “gonflés”. Sur l’ensemble des personnes contactées par OWNI, aucune ne donnera de montant précis: point de transparence pour les “grands” artistes.

Izia aux Solidays 2010

La raison principalement invoquée repose avant tout sur l’argument selon lequel“personne ne sait combien l’artiste touche pour un concert de tournée classique”. La négociation se joue alors sur le nombre de spectateurs potentiels. En effet, l’artiste se produisant en festival devant plusieurs milliers de personnes demandera à toucher plus qu’au cours des concerts du reste de l’année, ayant lieu le plus souvent dans des salles pouvant contenir beaucoup moins de spectateurs.

Come on, die young

Pour un jeune talent, le festival d’été est souvent le meilleur moyen de toucher beaucoup de monde d’un seul coup et, parfois, de lancer ainsi sa carrière. Le parcours des festivaliers en goguette permet souvent d’attirer l’attention de certains vers la scène découverte. Quitte ou double pour l’artiste en question. Son tourneur négocie sa présence le plus souvent en démarchant et en présentant son poulain. En amont des festivals, c’est lui qui invite les organisateurs aux dates de son artiste, qui envoie des mails et serre des mains lors des soirées, et ce bien longtemps avant la date d’ouverture des festivals. Parce qu’il y croit, il n’a pas forcément à l’esprit la rentabilité. Un booker – terme anglais désignant un tourneur – explique qu’il est “obligé de prendre 15 % mais que sa marge n’est pas vraiment très élevée”.

Prenant l’exemple d’un artiste – qu’il ne souhaite pas citer -, il estime qu’il “coûte” 2.500 euros au total. Pour une date de quatre musiciens dont un chanteur, et deux techniciens (un ingénieur du son et un régisseur), il propose à l’organisateur du festival un prix de plateau. Dans ce prix de plateau sont compris les salaires, le cachet de l’artiste et les frais annexes. Le tourneur explique que :

Parfois, tu es au delà de ce que tu vas pouvoir récupérer sur la date en elle-même puisque tu vas peut-être dépenser plus que ce que ça va te rapporter. C’est juste une indication pour l’organisateur du festival.

Ces 2.500 euros tiennent compte des 170 euros brut du cachet de l’artiste (environ 80 euros net). Un technicien lui “coûte” 100 euros net soit environ 210 en incluant les charges salariales. On arrive selon lui à près de 1.000 euros de masse salariale. Si on ajoute l’ensemble des frais liés à la logistique (location du camion, péage, nourriture), le pari de la jeune découverte l’endette – à court terme – de 2.000 euros.

Un pari risqué, donc. Se tourner vers les artistes côtés et reconnus représente l’assurance de ne pas perdre trop pour le tourneur et les programmateurs. S’investir pour faire découvrir un artiste se joue en amont du festival et implique un plan marketing visiblement plus complexe que pour une tête d’affiche. Il s’agit d’insister, de procéder avec méthode en partant du petit concert du coin au festival régional et enfin, à la gloire. Les festivals sont toujours vus comme des tremplins, l’idée étant pour les promoteurs de gérer le développement de leur artiste sur le long terme, pas de rentrer dans leurs frais dès le départ.

Mais entre les dépenses engendrées et l’assurance de pouvoir placer un artiste dont on sait qu’il va remplir l’espace ou le carré d’herbe devant la scène, le choix est fait. Celui de faire venir la foule. Et ce même si l’artiste plébiscité peut coûter cinq à dix fois plus cher que la jeune pousse enthousiaste.

> Illustrations Flickr CC J0k, Shugga

> Retrouver nos articles dans le dossier Festival : C’était mieux avant ?et Festivals cherchent finances

Image de Une Mick ㋡rlosky

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Et si les concerts devenaient un luxe? http://owni.fr/2011/04/24/et-si-les-concerts-devenaient-un-luxe/ http://owni.fr/2011/04/24/et-si-les-concerts-devenaient-un-luxe/#comments Sun, 24 Apr 2011 11:00:29 +0000 Capucine Cousin http://owni.fr/?p=58895 Il y a quelques semaines, j’ai assisté à un concert de PJ Harvey à La Maroquinerie, une petite salle parisienne de quelques centaines de places, très prisée pour la qualité de son acoustique. Joli concert, j’étais à 4 mètres de PJ, que j’écoute depuis 15 ans et ses débuts avec le très énervé et jouissif Dry. Je n’ai pas boudé mon plaisir, malgré l’auditoire un peu froid…

Nous étions une poignée de privilégiés à voir la grande dame trash british, qui mêlait punk-rock et mélodies folk. D’autant plus privilégiés que la lady n’a donné que deux concerts en France ce printemps, à l’occasion de la sortie de son dernier album, Let England shake : l’un, à l’Olympia – tarifs prohibitifs (60 € la place) – , et l’autre, à La Maroquinerie, auquel j’ai donc eu la chance d’assister en tant qu’invitée… Comme l’ensemble de l’auditoire. Il s’agissait en effet d’un “concert privé”, auquel n’assistaient que des invités, et des gagnants à un jeu-concours organisé par les partenaires, Deezer et Arte Live Web. Eh oui ! Car ce concert organisé par la plateforme d’écoute de musique à la demande Deezer était réservé aux heureux internautes membres de sa communauté ayant gagné des places via un jeu-concours en ligne – et bien sûr aux habituels invités de ce genre d’événements.

Des prix prohibitifs

En résumé, outre un concert à prix prohibitif pour le commun des mortels (non-invités donc), bien loin derrière les places à 30 € de sa tournée de 2002 – preuve que la star néo-punk s’est embourgeoisée ? – ce concert très privé était la seule alternative. Les concerts seraient-ils devenus un loisir de luxe ?

Ou tout simplement, ce n’est peut-être plus une activité rentable pour les maisons de production… Une étude menée sur quatre ans par le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), publiée cette semaine, montre en effet la galère pour les jeunes artistes à se produire en tournées. Sur 650 demandes d’aide à la production déposées entre 2006 et 2009 (par de jeunes artistes, mais aussi par des musiciens confirmés comme Thomas Dutronc et Jean-Louis Murat), l’étude révèle une baisse de 22% de la durée moyenne par projet et un recul de 21% de la fréquentation. Ouch…

En fait, les “concerts privés” sont un format, une sorte de package de luxe très marketé en plein développement. Terriblement révélateur d’une industrie musicale en pleine déconfiture. En quête de nouvelles recettes. Depuis quelques années, ce nouveau format de concert se fait discrètement sa place dans les grilles de concerts. Il y a le cas particulier de concerts privés au premier degré – ces cas caricaturaux de chanteurs qui se produisent lors d’anniversaires de milliardaires, payés rubis sur l’ongle, ou qui font des sortes de gigantesques ménages, assurant l’ambiance musicale lors de défilés de mode ou de soirées corporate, comme le cas récent de Sting lors d’une teuf pour la lancement de l’Audi A8 (hélas… tout se perd).

Mais une autre sorte de “concert privé” commence à avoir les faveurs des majors : organisé par une marque, il est destiné à sa seule communauté, formé des gagnants à un jeu-concours en ligne, tirage au sort ou autre. On est bien loin du modèle de concerts simplement sponsorisés par des marques – radios, majors musicaux, marques de produits high-tech..

Des concerts qui relèvent autant de l’offre musicale que d’un nouveau package marketing, organisé – certes toujours par des radios et chaînes musicales, mais aussi des marques qui ont plus ou moins à voir avec cet univers : Deezer (le site de streaming musical) et Arte Live Web pour le concert privé de PJ Harvey, la Fnac pour ses Fnac Live (prochain jeu-concours : Moriarty…). L’occasion de générer des contenus exclusifs, qui seront accessibles en ligne à sa seule communauté : ce que propose SFR sur son portail SFR Live Concerts. Car l’opérateur téléphonique s’est lui aussi engouffré dans la brèche, en ouvrant son Studio SFR et ses showcases en 2008.

Co-branding et charity-business

Pour d’autres, les concerts privés sont un produit d’appel marketing pour attirer la clientèle prisée des djeuns… Jackpot pour la Société Générale, qui s’est associée à Universal Music pour organiser les concerts So Music. C’est en septembre 2008, lorsqu’ils ont lancé une carte bancaire co-brandée (un “nouvel espace publicitaire”, comme j’en parlais alors dans ce billet), “So’ Music”, destinée aux djeuns (important de les fidéliser.. pour qu’ils restent ensuite dans ladite banque), leur offrant entre autres des places de concerts à tarifs réduits… Concerts privés organisés exclusivement pour eux. Une forme de sponsoring d’un nouveau genre, en somme.

Même le charity business s’empare de ce format de micro-show exclusifs. Depuis le 4 avril, plusieurs chanteurs – Raphaël ouvrait le bal au Grand Palais – se sont succédés à des concerts privés réservés aux bénéficiaires d’un tirage au sort parmi des prêteurs (au minimum 20 euros) de MicroWorld, une plateforme de mircrocrédit qui met en relation prêteurs et entrepreneurs.


Article publié initialement sur Miscellanees.net sous le titre Les “concerts privés”: les concerts sont-ils devenus un loisir de luxe ?

Illustrations Flickr CC Christing-O et Silent(e)

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Nick Whitehouse, light designer des stars http://owni.fr/2011/02/04/nick-whitehouse-light-designer-des-stars/ http://owni.fr/2011/02/04/nick-whitehouse-light-designer-des-stars/#comments Fri, 04 Feb 2011 15:35:38 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=30105 Nick Whitehouse exerce une activité rarement évoquée et pourtant primordiale dans le monde du live. C’est grâce à lui que certains des plus gros shows pop de ces dernières années, parmi lesquels ceux de Coldplay, Kylie Minogue, Alicia Keys, Justin Timberlake ou encore Britney Spears ont repoussé les limites visuelles par leur mise en scène et en lumière aussi créative que moderne. Nous l’avons rencontré et avons pu évoquer avec lui son activité et les artistes avec lesquels il a collaboré. Il nous livre aussi ses conseils pour ceux qui voudraient suivre ses traces et pour les artistes désireux d’éclairer leurs concerts au mieux avec peu de moyens.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

(Kylie Minogue – X2008 Tour, Like A Drug)

Comment définissez-vous votre travail ?

Je suis à la fois designer lumières, designer scénique et technique . Concernant la lumière, cela veut dire en gros que je réfléchis à ce à quoi je souhaiterais faire ressembler chaque chanson d’un concert, afin que la mise en lumière lui fasse écho au mieux. Ensuite je décide où doivent être placées les sources lumineuses et de quelle manière elles doivent être programmées pour arriver au résultat souhaité.

Pour ce qui est du design scénique et technique, je travaille au sein d’un groupe, Road Rage, composé de William Baker, Steve Dixon, Josh Zangen et moi-même. Ensemble nous créons des scènes et les décors de concerts. Les idées et concepts de base sont élaborés collégialement, puis Josh Zangen et William Bake prennent en charge les détails créatifs, Steve s’occupe des coûts et s’assure que tout soit réalisable dans le cadre du budget imparti, et moi, je fais en sorte que les choses soient techniquement réalisables. Cette équipe est incroyable et ensemble, nous fonctionnons parfaitement.

Comment avez-vous commencé dans le domaine du design lumière ?

En fait, j’ai commencé en m’occupant du son ! Mais j’ai vite compris que le travail sur la lumière me convenait davantage. J’ai travaillé dans de nombreuses salles de concert de Londres en tant qu’ingénieur lumière, et parallèlement je me suis investi dans un maximum de projets avec les meilleurs light designers possibles, essayant d’apprendre le maximum de chacun d’entre eux. Après des années à faire cela, j’ai réussi à me faire remarquer par un petit groupe qui tournait à Londres en même temps, et j’ai donc commencé à travailler avec eux. Le groupe a vite percé à grande échelle, et moi avec, mettant en pratique tout ce que j’avais appris. J’ai fini par travailler avec eux pendant six ans, à faire des tournées dans le monde entier. Ce groupe, c’était Coldplay.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

(Coldplay – Twisted Logic Tour 2005/2006, Square One)

Comment en êtes vous venu à travailler sur d’énormes tournées pop ?

J’ai commencé les gros shows pop en 2006, lorsqu’on m’a approché pour travailler sur le Future Sex Love Show de Justin Timberlake. J’avais précédemment collaboré avec succès à de nombreuses tournées d’artistes pop anglais d’envergure plus modeste et ma réputation commençait à être plutôt solide. Justin cherchait quelque chose qu’il avait vu à l’un de mes spectacles. Il souhaitait transformer les énormes arenas de 15 000 places en petits clubs intimistes. Il avait vu à Tokyo le spectacle que j’avais crée pour Coldplay, et m’a demandé de travailler pour le sien. La tournée a débuté en 2007 et s’est avérée être un immense succès, avec 112 arenas à guichets fermés partout dans le monde. A partir de là, je me suis mis à collaborer avec certains des plus gros artistes pop du monde.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

(Justin Timberlake – FutureSex LoveShow 2006/2007, Sexyback)

Où puisez-vous votre inspiration ?

Partout ! Une grande partie vient de l’artiste lui-même. Il est très important pour moi que le spectacle reflète qui il est ainsi que sa musique. Parfois, l’inspiration vient de quelque chose de cool que j’ai pu voir. J’ai pas mal d’idées en stock pour lesquelles je n’ai pas encore trouvé le show adéquat où les utiliser.

A quel moment dans le processus créatif d’une tournée commencez-vous à être impliqué ?

Tout dépend de mon rôle. S’il ne s’agit que de la lumière, un peu après le début des réflexions créatives, mais le plus souvent j’interviens à l’origine même du projet. Je lance des idées avant même de savoir si la tournée aura bien lieu.

Votre travail est-il vraiment différent selon l’ampleur de la production ? Plus c’est gros, mieux c’est ?

Absolument pas ! Ce qui fait la différence, c’est la qualité de l’artiste. J’ai l’immense chance de travailler avec des gens formidables. J’adore les gros spectacles faits pour les arenas. Je pense que ce type de salle est ce qui se fait de mieux si on veut voir un vrai show. Si les choses sont bien faites, chaque spectateur doit avoir l’impression de faire partie de l’action. D’un autre côté, pour Justin Timberlake nous avons aussi fait des concerts dans de toutes petites salles, et le voir évoluer sur des scènes minuscules avait quelque chose de vraiment magique. La tournée américaine de Kylie Minogue, où elle jouait dans des théâtres de taille moyenne est sans doute mon spectacle préféré. Si je n’avais pas travaillé dessus, j’aurais payé pour en voir chaque date. C’est une telle superstar. Je suis on ne peut plus excité par sa nouvelle tournée, Aphrodite Les Folies. On y a incorporé tout ce que l’on a appris et on a amené tout cela à une échelle jamais vue.

Pouvez-vous m’expliquer comment les outils et matériaux que vous utilisez dans l’élaboration d’un spectacle ont évolué au fil des années ? Qu’est-ce qui se fait de mieux de nos jours ?

Au niveau de la lumière, les choses ont beaucoup évolué. A mes débuts les projecteurs fixes et les « Source 4 » étaient les seuls éléments disponibles sur les rails sur lesquels sont fixés les lumières, et parfois seulement on ajoutait une poignée de spots mobiles, car ils étaient nouveaux et coûtaient cher. Aujourd’hui, la plupart de mes designs est composée d’éléments mobiles. En fait j’utilise très rarement les spots fixes. On a aussi pu observé une montée en flèche dans l’utilisation des éclairages basés sur les LED. Ce n’est pas ce que je préfère car ce n’est pas ce que je préfère voir sur scène, mais ils sont utiles pour éclairer des objets sur scène… ou sous l’eau !

Pour ce qui est des éléments de scène, la technologie a énormément progressé et il s’agit maintenant de constructions extrêmement complexes. Elles sont pour la plupart fabriquées à partir d’aluminium et de contreplaqué (ça n’a pas beaucoup changé). Leur assemblage a été modernisé par une entreprise américaine, Tait. Ils ont développé des systèmes d’assemblage et de verrouillage rapide qui ont fait passer le temps nécessaire au montage d’une scène de 4 heures à 30 minutes environ. Cela signifie que l’on peut se permettre des choses beaucoup plus compliquées qu’avant au niveau du design scénique ! Les ascenseurs et autres systèmes automatisés sont des éléments mécaniques incroyables, il faut les voir pour le croire ! Récemment, on a reçu un ingénieur de la NASA sur le site de construction de la nouvelle tournée de Kylie Minogue. Il nous a confié que la technologie utilisée était plus élaborée que celle de la navette spatiale !

Première image dévoilée du design scénique de la tournée Aphrodite Les Folies de Kylie Minogue qui débute le 19/2/11

Qu’est ce qui fait un bon spectacle selon vous ?

Pour moi, c’est un show qui vous divertit du début à la fin, sans pour autant éclipser la performance de l’artiste avec des distractions en tous genres. Il ne faut pas non plus qu’on ait l’impression que cela dure indéfiniment. La vraie preuve, c’est la réaction des fans. Meilleure elle est, plus on sait qu’on a fait du bon travail.

Vous ne travaillez qu’avec des artistes dont vous appréciez la musique ?

Malheureusement non. Mais aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir choisir les gens avec qui je collabore, donc tous ceux avec qui je travaille sont des artistes que j’apprécie.

Qui sont vos concurrents dans le business ?

Il n’y en a pas beaucoup. En fait je suis très ami avec le principal de mes concurrents. On est tous les deux tellement pris qu’il nous arrive de nous repasser des projets. Je ne pense pas être meilleur, je crois juste que nous avons des styles différents donc il s’agit plus de savoir à qui tel ou tel projet convient le mieux.

Que diriez vous à quelqu’un qui désirerait suivre vos traces (études, expériences etc.) ?

Quand j’étais à l’école il n’existait pas vraiment de formation en tant que telle, mais je pense qu’une formation sur l’aspect technique des choses serait un plus. Des cours sur le design lumière et le « stage management » seraient vraiment intéressants aussi. Pour ce qui est de l’expérience, je conseillerais d’en accumuler autant que possible. Du monde du théâtre aux studios de cinéma en passant par les salles de spectacles locales, les grosses tournées etc. Tout est utile. Il faut toujours avoir envie de se rendre utile, d’apprendre, ne pas avoir peur de prendre la parole pour proposer des idées, tout en gardant en tête que les gens du milieu auront sans doute déjà tout tenté. Mais on ne sait jamais ! On donne du travail aux plus investis, aux gens que l’on rencontre alors qu’ils donnent un coup de main sur une tournée.
Sinon, essayez de faire un maximum de stages pour vous familiariser aux nouvelles technologies comme aux plus anciennes. Travaillez dans la salle de spectacle du coin, donnez-y des coups de main, occupez vous de la lumière… Dans cette industrie, on ne réussit qu’à force de travail acharné et d’expériences multiples.

Quels seraient vos conseils à un jeune groupe qui ne dispose pas d’un budget de popstar pour éclairer au mieux son show ?

Lumière en fond de scène, fumée et un bon timing ! Assurez vous que 90% des spots et projecteurs se trouvent en fond de scène. De cette manière, un petit dispositif peut faire des miracles !

Le site officiel de Nick Whitehouse : http://www.nick-whitehouse.com/

Ci dessous, queques exemples du travail de Nick Whitehouse. (Crédits photos : (c) Steve Jennings)

Alicia Keys - As I Am Tour 2008

Britney Spears - Circus Tour 2009

Justin Timberlake - FutureSex LoveShow 2007/2008

Justin Timberlake - FutureSex LoveShow 2007/2008

Justin Timberlake - FutureSex LoveShow 2007/2008

Kylie Minogue - For Me For You Tour 2009 (USA)

Kylie Minogue - For Me For You Tour 2009 (USA)

Kylie Minogue - X2008 Tour

Kylie Minogue - X2008 Tour

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Compte-rendu : #Midem French Vibes http://owni.fr/2011/01/24/compte-rendu-midem-french-vibes/ http://owni.fr/2011/01/24/compte-rendu-midem-french-vibes/#comments Mon, 24 Jan 2011 13:02:11 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=29854 Dimanche soir dans le cadre plus qu’agréable de l’hôtel Martinez de Cannes se déroulaient les concerts de la sélection French Vibes du Midem. Comme nous l’expliquait Luc Charles dans une interview en amont de l’événement, la France est à l’honneur cette année. Logique donc de proposer un plateau d’artistes plus ou moins confirmés, sensé montrer ce que la France fait de mieux.

Avec huit artistes et groupes (Aaron, BB Brunes, The Bewitched Hands, Cascadeur, The Chase, Medi, Revolver et Syd Matters) au programme, la sélection était chargée en testostérone. “Où sont les femmes ?” aurait pu s’insurger une gloire déchue des 70s. A croire que le paysage musical francophone ne propose pas d’artistes féminines crédibles capables de porter l’étendard de la scène nationale. On en doute évidemment fortement, et l’on s’étonne que les programmateurs de la soirée n’ait pas porté plus d’intérêt à ce “détail”.

Autre critique, l’uniformité décevante de la sélection. En misant sur un line-up rock et pop, French Vibes ne reflète pas vraiment la diversité musicale française. Quid des musiques urbaines, de l’électro ou encore de la chanson française ? On s’étonne d’ailleurs que la totalité des artistes ayant foulé les deux scènes de l’hôtel Martinez hier, à l’exception des BB Brunes, s’exprime dans la langue de Shakespeare. Ajoutée à cela la stratégie de miser sur 50% de valeurs sûres (Aaron, Syd Matters, Revolver et BB Brunes), au succès établi dans l’hexagone, et l’on perçoit la volonté sous-sous-jacente du Midem d’exposer ces groupes à l’export. Malin, puisque qu’une majorité des participants du salon est étrangère. Dommage pour l’exception culturelle !

Reste que les artistes ont assuré un spectacle de qualité, malgré le son souvent déplorable (notamment dans la grande salle) et prouvé, révélations comme artistes confirmés, que la scène française n’a pas à rougir de la concurrence internationale. Mention spéciale à Aaron, notre gros coup de coeur en live, qui a bénéficié d’un son meilleur que les autres artistes, et qui a su s’appuyer sur une setlist aussi qualitative que cohérente. Comme nous avons pu l’entendre ça et là à la fin de la soirée, “the French rock!“.

Crédits photos FlickR CC : kmeron

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Trouver des dates pour son groupe http://owni.fr/2011/01/03/trouver-des-dates-pour-son-groupe/ http://owni.fr/2011/01/03/trouver-des-dates-pour-son-groupe/#comments Mon, 03 Jan 2011 12:39:41 +0000 Hervé Joly http://owni.fr/?p=29267 Rares sont les artistes qui peuvent se permettre de ne pas se produire en live. Ceci dit, il n’est pas toujours évident de trouver le tourneur idéal et il faut parfois commencer soi-même les démarches. Hervé récapitule le strict minimum à faire pour réussir à trouver quelques dates.

Démarcher une salle pour trouver des dates de concert peut-être un peu plus difficile pour un artiste, sans tourneur ou bookeur et/ou qui n’a pas la notoriété de Kassav, Mario Canonge ou de Johnny Hallyday. Si vous êtes de ceux la, voici quelques armes nécessaires pour démarcher des salles efficacement.

Démarcherpour trouver des dates de concert va impliquer de contacter et d’essayer de séduire les organisateurs de toutes sortes de lieux où l’artiste est susceptible de se produire.

Définir un périmètre

La première chose à faire est d’identifier ou vous pourriez jouer, quels sont les lieux raisonnables à démarcher. En effet, si c’est votre premier concert il ne serait pas judicieux de chercher une salle avec une capacité de 1000 personnes. Il faut également se renseigner sur le style de musique qui y est joué habituellement ainsi que la taille de la scène et la capacité d’accueil.

Ps : Si vous êtes un bookeur ou un tourneur il est nécessaire d’évaluer les capacités de votre artiste.

Dossier de presse

Même-ci certaines salles ont des partenariats avec les agendas culturels locaux ou disposent d’une mailing-list, vous devez assumer la promotion de l’événement.(C’est a vous de faire venir le public). Vous devez vous appuyer sur votre mailing-list et sur votre dossier de presse.

Votre dossier de presse de votre groupe doit contenir :
- La biographie du groupe avec sa composition, ses influences, son style musical, son état d’esprit, etc.

- une photo.- une discographie, vos éventuelles participations à des mixtapes .

- Des références et avec des extraits d’articles de presse qui vous mettent en avant.

- L’adresse de votre Myspace, page Youtube, site web.
- Un numéro pour vous joindre.

Vous devrez préparer un plan promotionnel que vous communiquerez à la salle (annonce sur sites web, affichage, tractage, flyers,…)

Démarcher

Avant tout envoi de documents, il serait souhaitable de prendre contact avec la salle pour connaitre les démarches à suivre. Elles ont toutes une manière différente de procéder. S’il ne s’agit pas d’une grande salle essayez de rencontrer le programmateur.
Une fois que vous avez toutes les informations en main, envoyez votre cd par voie postale et surtout pas par e-mail. Accompagnez-le toujours de votre dossier de presse. Ces documents permettront au programmateur de se faire une idée de ce que vous proposez et de votre impact auprès du public.

Rappelez quelques jours après afin de connaître sa décision, cela prouvera votre motivation et votre sérieux (professionnalisme).

Information pratiques

Il existe des annuaires professionnels tels que « Woffi.com » ou le « L’Officiel de la musique ». Vous pouvez également utiliser Les pages jaunes, regarder où jouent les autres groupes qui ont la même notoriété que vous. Avec tous ces éléments constituez-vous un répertoire.

En conclusion

La personne à convaincre est le programmateur et l’envoi de Cd ainsi de votre talent ne sera pas suffisant. Il ne cherche pas de nouveau talent mais à gagner de l’argent donc à remplir au maximum sa salle. Si vous lui démontrez que vous allez remplir la salle, vous avez toutes les chances de vous voir programmer. Il est inutile de surestimer le nombre de personnes qui seront éventuellement présentes car les programmateurs échangent les informations entre eux.

Article initialement publié sur: email-events.com

Crédits photos CC flickr: eatingsnowflakes; Visualistimages; THEfunkyman

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Première partie : mode d’emploi http://owni.fr/2010/12/14/premiere-partie-mode-demploi/ http://owni.fr/2010/12/14/premiere-partie-mode-demploi/#comments Tue, 14 Dec 2010 07:00:36 +0000 upformusic http://owni.fr/?p=28821 Up For Music est un portail musical d’actualités mais aussi d’aide à la promotion et la production pour les artistes.

1. Sélectionnez vos cibles

Quel est le concert rêvé pour votre groupe? Avec qui aimeriez-vous vraiment jouer? Faites une liste des groupes avec lesquels vous aimeriez jouer et renseignez-vous pour savoir qui est leur agent. Contactez l’agent et envoyez-lui votre kit promotionnel en lui mentionnant que vous seriez intéressé à jouer en première partie de son groupe. Soyez informé des dates de tournées du groupe. Bien que ce soit parfois le cas, les agents ne sont pas toujours ceux qui choisissent la première partie, alors faites en sorte qu’ils vous aient toujours à l’esprit.

2. Tissez des liens avec les Gérants de salles et les Promoteurs

Comme nous l’avons mentionné, un agent n’est pas la seule personne qui entre en ligne de compte au moment de choisir qui jouera en première partie. Il arrive souvent que les premières parties soient décidées par les gérants de salles ou bien les promoteurs de spectacles. Si vous faites déjà partie de votre scène musicale locale, alors ces personnes devraient déjà vous connaître (et il devrait en être de même pour vous), mais si ce n’est pas le cas, manifestez-vous. Faites-leur savoir que votre groupe est toujours partant pour jouer en première partie d’un bon groupe et que vous espérez qu’ils penseront à vous si une opportunité se présente.

3. Collectez toutes vos informations

Cette étape combine les étapes une et deux et, bien qu’elle puisse vite devenir fastidieuse, vous serez bien content d’en être passé par là le jour où une opportunité en or se présentera à vous. Établissez une base de données réunissant tous vos contacts, les agents, promoteurs et salles de spectacles qui pourraient selon vous, vous aider à obtenir une place en première partie d’un concert. Non seulement, cela vous permettra de toujours avoir à portée de main les informations utiles à leur sujet mais cette base de données vous aidera aussi à ne jamais perdre de vue les personnes avec qui vous devriez partager de l’information au sujet de votre groupe.

4. Tout est une question de “Timing”

Si vous savez qu’une opportunité s’annonce, n’attendez pas à côté du téléphone que vos contacts se manifestent. Prenez les devants, appelez les agents, les promoteurs et les salles et demandez à faire partie du concert. Pour ceux qui travaillent sur la production d’un spectacle, trouver un artiste pour jouer en première partie n’est pas toujours en priorité sur leur liste interminable de « choses à faire », alors c’est souvent le premier arrivé qui est le premier servi. Foncez, et soyez le premier à vous manifester.

5. Ne jouez pas les Divas

En règle générale, jouer en première partie n’est pas forcément très payant, tout du moins, en termes de cachet. Par contre, c’est une opportunité en or pour vous, de vous produire devant un public plus important que celui que vous auriez pu attirer en tenant le haut de l’affiche. Et surtout, vous avez la chance de jouer devant des gens qui ont les moyens de vous aider dans l’avancement de votre carrière – la presse, les labels, les gérants, les promoteurs, les agents et ainsi de suite. Si vous refusez de jouer en première partie sous prétexte que le cachet n’est pas assez élevé, votre groupe sera le seul à en pâtir.

6. Faites votre boulot !

Une première partie engendre souvent une autre première partie, si tant est que vous ayez bien rempli votre part du contrat. Soyez professionnel et courtois, arrivez à l’heure, prenez sur vous si vous êtes un peu malmené lors du soundcheck, donnez un bon concert et respectez le temps qui vous est alloué. La fiabilité est une qualité primordiale dans l’industrie de la musique, alors si vous avez la réputation d’être fiable, les offres ne tarderont pas à pleuvoir.

7. Faites votre propre pub

Les groupes qui font la première partie d’un concert ne sont pas systématiquement mentionnés sur les affiches, c’est pourquoi vous devriez vous promouvoir vous-même. Envoyez un communiqué de presse aux médias locaux pour les informer de votre concert prochain. Assurez-vous d’envoyer un e-mail à votre liste de diffusion afin que vos fans soient au courant et qu’ils viennent vous soutenir et, bien sûr, mettez à jour l’information sur votre site web. En tant que première partie, vous ne jouerez peut-être pas très longtemps mais abordez le concert comme vous le feriez en temps normal. Toutefois, ne vous prenez pas pour la vedette – dans vos supports promotionnels, mentionnez clairement que vous êtes en première partie.

Article initialement publié sur Up For Music

Crédits photos : FlickR marfis75, BockBilbo

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Bilan de la première édition parisienne du MaMA http://owni.fr/2010/10/20/bilan-de-la-premiere-edition-parisienne-du-mama/ http://owni.fr/2010/10/20/bilan-de-la-premiere-edition-parisienne-du-mama/#comments Wed, 20 Oct 2010 10:29:35 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=27182 Le MaMA s’est installé cette année pour la première fois à Paris, avec pour objectif de réunir les professionnels des musiques populaires pour deux jours d’échanges, de conférences et de rencontres mais aussi de concerts. Quel bilan peut-on tirer de la manifestation qui entend bien s’installer durablement ?

Année 1 : bilan satisfaisant

L’équipe d’OWNImusic a arpenté le XVIIIème arrondissement parisien deux jours durant à l’occasion de la première édition du MaMA, le salon professionnel des “musiques populaires”. L’éditon 2009, qui avait eu lieu à Bourges en amont du Printemps a en effet été qualifiée d’année “zéro” par son fondateur Daniel Colling lors de la conférence de presse de clôture des festivités, samedi soir. Trois raisons à ce déménagement : la proximité trop immédiate du festival, qui faisait de l’ombre au salon, une volonté d’internationaliser la manifestation (il est plus facile de faire venir les intervenants étrangers à Paris) et enfin l’absence de subvention de la part du Cher.

L’arrivée du salon dans la capitale, le premier du genre à Paris (aussi étonnant que cela puisse paraître), marque pour son équipe dirigeante la volonté d’instaurer des rencontres professionnelles à l’échelle internationale. Une telle initiative n’existait jusqu’alors pas en France, à l’exception du MIDEM qui n’est pas à proprement parler un événement français. De ce point de vue, on peut parler de réussite : 1926 professionnels ont en effet été accrédités, parmi lesquels 30% d’internationaux originaires de 39 pays.

Bonne organisation, belles occasions de rencontres, convivialité et rythme convenable, le MaMA a choyé ses participants en proposant des ateliers professionnels “speed meeting” mais aussi des cocktails tout aussi efficaces pour initier des contacts intéressants.

L’industrie de la musique, cette géronto-phallocratie

Pour ce que est des conférences, que vous avez pu suivre via notre compte Twitter lorsque les connexions wifi le permettaient, notre avis est plus mitigé. Si les sujets abordés s’inscrivaient pertinemment dans les problématiques auxquelles l’industrie fait actuellement face, on peut regretter que nombre d’intervenants étaient issus de la “vieille” industrie de la musique.

Ainsi, les conférences, plutôt que de favoriser un réel débat entre les participants (sans parler du public), se sont souvent bornées à des échanges de points de vue poliment écoutés par les uns et les autres. On pense notamment à la conférence du vendredi après-midi intitulée “Un nouveau modèle économique pour les musiques populaires ?”, qui n’a pas vraiment tenu ses promesses, malgré la qualité des intervenants.

Autre point qu’un certain nombre de membres du public a noté : l’absence flagrante de femmes dans les panels. Certes il reflète la phallocratie inhérente au business de la musique, mais on peut s’interroger : y a-t-il si peu de femmes capables de prendre part aux débats qui agitent l’industrie ?

Quant à la pertinence de s’interroger sur l’état de celle-ci en 2025 (conférence Muzik2025 au studio 128, samedi après-midi), elle a fait sourire. Voir un panel majoritairement issu de “l’ancienne génération” de dirigeants donner des leçons et imaginer un futur alors même qu’ils ont clairement échoué (pour le moment ?) a construire un présent satisfaisant pour leur secteur semblait pour le moins ironique. Ou alors peut-être avons nous l’esprit mal placé.

Une suggestion pour l’an prochain ? Donner davantage la parole à ceux qui cherchent (et trouvent) des solutions pour dynamiser l’industrie de la musique, tous ces dirigeants de start-up ou services innovants, qui s’ils n’ont sans doute pas le poids ni la respectabilité de leurs aînés, pourront probablement ouvrir d’intéressantes perspectives pour un public qui les aurait accueillies avec plaisir.

Quant à l’avenir justement, Daniel Colling a évoqué la possibilité d’étendre la durée du MaMA à trois jours, le jeudi et vendredi étant réservés aux professionnels et le samedi davantage tourné vers les publics. Des publics qui n’ont d’ailleurs pas été négligés cette année avec pas moins d’une soixantaine de concerts dans les salles avoisinantes (Divan du Monde, Cigale, Boule Noire, 3 Baudets…) et les bars du quartiers, répartis sur deux soirées. C’est d’ailleurs une des grandes réussites de cette édition, la programmation minutieuse ayant eu de quoi satisfaire les spectateurs, qui d’ailleurs n’ont pas boudé les diverses manifestations, les concerts affichant un taux de remplissage de 95%.

Pour notre part, nous notons que cette première véritable édition du MaMA a posé de bonnes bases que nous avons hâte de voir confirmées l’an prochain. Il est certain que Paris se devait d’accueillir une telle manifestation, espérons maintenant qu’elle se pérennisera et saura s’imposer sur la scène internationale. C’est sans doute son enjeu majeur.

Crédits photos : MaMA / FlickR CC : Dunechaser

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[CONCOURS] 4X2 places à gagner pour les concerts du MAMA à la Cigale http://owni.fr/2010/10/11/concours-4x2-places-a-gagner-pour-les-concerts-du-mama-a-la-cigale/ http://owni.fr/2010/10/11/concours-4x2-places-a-gagner-pour-les-concerts-du-mama-a-la-cigale/#comments Mon, 11 Oct 2010 14:49:35 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=26988 Nous vous l’annoncions la semaine dernière, le MaMa Event prend possession du XVIIIème arrondissement de la capitale les vendredi 15 et samedi 16 octobre prochains. Au programme pour les professionnels de la musique : des rencontres, des conférences et des débats, et pour le grand public une sélection de concerts éclectique et pointue dans les salles du quartier.

A cette occasion, OWNImusic vous fait gagner 2×2 invitations pour les concerts du vendredi à la Cigale, et la même chose pour ceux du samedi. Au programme du vendredi : Scratch Bandits Crew (Fr), Solillaquists of Sound (USA) et Beat Assailant (Fr-USA). Le samedi, vous retrouverez Phoebe Killdeer and the short Straws (Fr-Au), Beast (Ca) et Skip The Use (Fr). Toutes les informations sur ces concerts (et les autres) sont ici.

Pour gagner, il vous suffit de retwitter  le message posté sur notre compte Twitter. Le concours prend fin jeudi 14 à 14h. Les gagnants seront prévenus par DM jeudi en fin de journée.

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Evénement: MAMA débarque à Paris http://owni.fr/2010/10/06/evenement-mama-debarque-a-paris/ http://owni.fr/2010/10/06/evenement-mama-debarque-a-paris/#comments Wed, 06 Oct 2010 10:46:02 +0000 Romain Berrod http://owni.fr/?p=26882 Après avoir vu sa première édition investir la ville de Bourges l’an dernier, le MAMA s’installe cette année les 15 et 16 octobre à Paris, plus précisément dans le dix-huitième arrondissement. Le quartier, qui abrite une concentration impressionnante de salles de spectacles, est l’écrin idéal pour cette manifestation créée par et pour les professionnels de la musique.

Pendant deux jours s’enchaîneront des débats et conférences aux multiples intervenants mais aussi des ateliers et rencontres pro. Le public ne sera pas en reste puisque les deux soirs de nombreux concerts seront proposés dans les salles des alentours (Cigale, Boule Noire, Divan du Monde…) avec à l’affiche Syd Matters, Hey Hey My My, Jil Is Lucky ou encore Lexicon parmi tant d’autres, qui composent une programmation aussi attrayante que variée.

OWNIMusic sera bien évidemment présent et vous rendra compte de l’événement en direct ou presque, sur Twitter, Facebook, et ici même pour des contenus plus complets.

Le programme complet du MAMA est disponible sur le site de l’événement, et mieux pour nous les geeks, via une application iPhone gratuite téléchargeable ici.

Par ailleurs, Romain Berrod de Musique Info a rencontré Fernando Lareiro-Marques, le directeur du Mama. Il détaille les nouveautés de cette seconde édition.

M. I. : Pourquoi avoir décidé de délocaliser le Mama de Bourges à Paris ?

F. L.-M. : La première édition du Mama à Bourges a été considérée comme une réussite, avec plus de 1 500 participants. Néanmoins, nous avions l’intuition que pour affirmer l’identité de notre événement, pour en assurer le développement et favoriser sa renommée internationale, Paris était la terre d’accueil idéale. En outre, nous avons la chance de bénéficier d’une infrastructure naturelle : la partie du 18ème arrondissement où se déroule le Mama, avec ses salles de spectacles nombreuses et concentrées, est un authentique “boulevard de la musique” et un cas presque unique en Europe.

M. I. : Quels sont les ajustements auxquels vous avez procédé, pour cette seconde édition ?

F. L.-M. :  Nous avons maintenu la substance même de l’événement : rencontres professionnelles, conférences et concerts. Mais nous avons tiré les leçons
de la première édition, notre numéro zéro. Cette année, les horaires et les durées des différentes conférences ont été aménagés dans la mesure du possible afin d’éviter qu’ils ne s’entrechoquent. Malgré tout, avec dix conférences par jour et de nombreuses structures partenaires investies dans leur organisation, il y a quelques contraintes inéluctables. La seconde innovation de ce Mama, et non des moindres, c’est l’ouverture vers le public. En effet, en implatant le MaMA à Paris et en investissant un quartier entier, il nous paraissait pertinent d’y associer le public. Dans chaque salle de spectacle, nous avons réservé un quota de places en vente pour le public et les concerts “Live in Montmarte” (20 concerts gratuits dans 10 bars de Montmarte) sont également ouverts au public.

M. I. : Le format et le contenu des colloques et débats a été totalement modifié, pouvez-vous nous en dire un mot ?

F. L.-M. : Nous nous sommes entouré cette année d’un comité de reflexion pour mieux aborder les thématiques et les formats de nos débats. Nous souhaitions que ces rencontres soient dynamiques, consistantes, insolites, qu’elles donnent lieu à des discussions spontanées, suivies d’actes tangibles et de propositions pratiques. Dans la mesure où nos problématiques nationales sont comparables à celles des autres pays, nous avons aussi voulu proposer un grand nombre de thémes internationaux et garantir la présence de nombreux intervenants étrangers.

M. I. : Quelles sont les typologies de professionnels attendus au Mama ? Combien de personnes attendez-vous ?

F. L.-M. : Le Mama est un événement fédérateur et ouvert à l’ensemble de notre filière. Nous nous adressons à tous les professionnels de la musique, qu’il s’agisse de musique enregistrée ou vivante, d’acteurs culturels ou économiques et, évidemment, de français ou d’internationaux. S’agissant d”une première à Paris, il est difficile de se fixer un objectif précis en terme de fréquentation. Mais l’un des éléments très positifs de ce MaMA parisien, qui confirme nos pressentiments, concerne la participation internationale. Nous constatons déjà que de très nombreux représentants de festivals réputés, de tourneurs, de labels internationaux seront présents. S’is seront en majorité européens, le MaMA accueillera également des délégations de professionnels américains, canadiens, japonais, sud-américains, africains …

M. I. : Le Mama se veut un rendez-vous clairement international : comment peut-il trouver sa place face des événements du même genre déjà très identifiés à l’étranger, comme Eurosonic, l’ADE, le Popkomm… ?

F. L.-M. : Outre l’attractivité évidente que représente Paris et des noms tels que Pigale ou Montmartre, le Mama bénéficie de l’intérêt et de l’attention des acteurs de l’industrie musicale internationale pour le marché français. Ce sont les retours fréquents que nous avons. Les internationaux souhaitent pénétrer le marché français mais ils l’appréhende souvent comme une énigme, complexe et difficile à décoder. Ils voient à travers le Mama une excellente opportunité de rencontrer leurs homologues français et de mettre en place des projets de collaboration. Certes, il y a aujourd’hui de très nombreux événements internationaux accueillant des professionnels mais, comme je le disais précédement, la France reste un cas à part. L’engouement des professionnels étrangers pour le Mama et le fait que, malgré sa création récente, notre événement soit déjà identifié à l’échelle internationale, en est la meilleure preuve. A ce titre, plutôt que de nous placer en concurrents d’autres festivals à l’identité similaire, nous nous sommes rapprochés d’eux en créant, par exemple, un réseau international avec des partenaires tels que Eurosonic, South By South West, Spot, C/O Pop Cologne mais aussi le TIMM à Tokyo ou le Canadian Music Week, tous présents au Mama 2010 et avec lesquels nous développons des actions de programmation et de communication. D’autres manifestations ont souhaité développer des collaborations avec le MaMA. Qu’il s’agisse du PopKomm, du Reeperbahn, du Womex, du Liverpool Sound City ou encore du MEG Montréal, tous seront à Paris, les 15 et 16 octobre.

F. L.-M. : Cette année, pendant les 48 heures du Mama, nous présentons 60 groupes, français et internationaux, dont le potentiel à l’export nous parait manifeste. Pour les internationaux, souvent déjà bien positionnés dans leurs pays respectifs, il s’agit de bénéficier de la visibilité du Mama pour présenter un nouvel album, rencontrer un tourneur ou attirer un distributeur. Pour les artistes français, c’est l’assurance de se produire devant un parterre de professionnels, français et internationaux, d’attirer l’attention des plus grands festivals internationaux, de séduire également un agent ou un label à l’étranger.  Car nous sommes effectivement dans cette logique de marché, de soutien à l’export. A titre d’exemple, nous accueillons dans notre programmation des artistes internationaux qui ont été remarqués lors des festivals avec lesquels nous avons mis en place des partenariats. Dans ce cadre, l’an prochain, nous présenterons à l’international et labeliserons des “plateaux artistiques” composés de groupes français remarqués lors du Mama 2010.

M. I. : Le Mama restera-t-il désormais à Paris, au mois d’octobre, ou cela dépend-il de son succès cette année ?

F. L.-M. : En créant le Mama, il n’était pas question de réaliser un “one shot”. Nous avions la volonté d’installer durablement un événement qui correspondait aux attentes des professionnels, français et internationaux. Aujourd’hui, à quelques jours du MaMA, nous restons attachés à cette conception. La récurrence est indéniablement plus aisée lorsqu’il y a succès, mais nous ne nous posons pas la question en ces termes. Pour nous le Mama est un projet d’intérêt général, utile et fédérateur et, sauf catastrophe, nous esperons être encore là pour les années à venir, en octobre certainement et à Paris assurément !

Interview initialement publiée sur Musique Info.

Crédits photos : CC FlickR kern.justin / et Mama.

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