OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 ACTA: vers un Yalta de l’Internet? http://owni.fr/2010/03/29/acta-vers-un-yalta-de-l%e2%80%99internet/ http://owni.fr/2010/03/29/acta-vers-un-yalta-de-l%e2%80%99internet/#comments Mon, 29 Mar 2010 16:14:37 +0000 Bluetouff http://owni.fr/?p=11102 acta_hires-300x194

Alors qu’une poignée de politiques à travers le monde commencent à s’inquiéter de l’ACTA, cet accord commercial multilatéral de libre échange négocié secrètement, les pays, concernés ou pas (tous le seront à terme et nous allons ici le démontrer), commencent à prendre des mesures pour appréhender ce qui était jusqu’à aujourd’hui un espace virtuel d’exercice de ses libertés pas virtuelles du tout (nous avons, en France, une décision du Conseil Constitutionnel pour en attester).

Rappelons que l’ACTA vise à lutter au niveau mondial contre les échanges de fichiers soumis à copyright. L’ACTA est évidemment porté par les USA, forts de leur industrie culturelle et de la toute puissante RIAA dont on reconnait la griffe. La position des Etats-Unis est assez claire : elle souhaite mettre un terme aux échanges peer to peer (et pas seulement), mettre en place des dispositifs de filtrage (chose qu’elle ne peut pas faire de manière unilatérale à cause de la nature acentrée du réseau Internet), créer des officines privées sur le modèle HADOPI pour la mise en place d’une riposte graduée globale sans avoir à passer par un juge.

La lutte contre la contrefaçon numérique est-elle vraiment nécessaire ?

Je sens que certains vont me trouver un peu gonflé, mais bon lâchons nous, vous allez voir c’est une question de point de vue. Si la contrefaçon numérique est inscrite dans le corpus législatif de nombreuses nation, ce n’est pas le fruit du hasard. On a toujours transposé au virtuel ce qui existait dans le réel, rien d’étonnant donc à voir apparaître des lois qui tendent à protéger ici le copyright ou là le droit d’auteur.

Depuis l’apparition de Napster, il est apparu comme une évidence que l’Internet était une énorme machine à copier. Sans contrainte, sans verrou, elle permet de faire des copies immatérielles à l’identique d’un bien culturel.

La première réaction des industries a donc été de tenter de poser des verrous, d’abord avec les formats (toutes les tentatives ont été des flops retentissants : Real, Microsoft WMA/WMV/ASF, Sony …;  ensuite avec les DRM. Ceux-ci auraient très bien pu fonctionner si la cupidité des uns et des autres ne les avait pas mener à tenter d’imposer chacun leur pseudos « standard » non intéropérables.

On peut appeler cette période l’an 2 de l’Internet : celle où les industries ont tenté, par la technique, d’imposer au Net de la fermeture après plusieurs années d’ouverture. C’était évidemment voué à l’échec: quand on propose à un internaute de payer 20 euros un bout de plastique qu’il ne peut même pas lire dans sa voiture ou sur son ordinateur, à l’époque où les chaînes hi-fi sont une espèce en voie de disparition, l’idée ne semble pas lumineuse. L’industrie a donc du faire marche arrière sur les DRM, avec les formats, c’est son second échec… les deux sur des mesures purement techniques.

Le téléchargement c’est tout sauf du vol

Un vol entend une soustraction, dans le cadre d’un échange sur Internet, le bien, dématérialisé, est dupliqué, et non soustrait. Ce fait, à lui seul, tend à démonter tout « vol », il n’y a pas soustraction, mais multiplication. Mais approfondissons un peu…

Le droit d’auteur (et non le copyright, même si depuis la Convention de Berne, les frontières entre droit d’auteur et copyright tendent à s’estomper), dit imprescriptible et inaliénable, se compose d’un droit dit moral (c’est lui qui est imprescriptible et inaliénable) et de droits dits patrimoniaux. Pour faire simple (mes compétences juridiques sont très limitées), le droit moral assure à l’auteur la reconnaissance de la paternité de l’œuvre tandis que les droits patrimoniaux font directement référence à son exploitation commerciale. Dans le cadre de la propriété littéraire et artistique, nous ajouterons à ceci les droits voisins qui couvrent les droits des interprètes et des producteurs et afférent également à l’exploitation de l’œuvre.

Un téléchargement (une copie) n’est pas une expropriation, l’auteur conserve la jouissance pleine et entière de ses droits moraux. Preuve de la cupidité et surtout du misérabilisme auquel certaines industries culturelles sont habituées, la France a officialisé fiscalement le « droit à la copie privée » en instituant une taxe sur les supports vierges. Attention cependant, la copie privée est une exception au droit d’auteur et comme toute exception, elle n’a pas pour vocation à devenir la règle. Seul problème, sur les plusieurs centaines de millions d’euros perçues, les artistes n’en ont pas vu la queue d’un.

Jusque là, les aspects juridiques n’avaient servi qu’à une chose : protéger les mesures techniques… et jusque là … c’est un FAIL sur toute la ligne. Il faut donc changer de stratégie.

ACTA : an 3 de l’Internet sale

Avec l’ACTA, on rentre dans l’an 3 de cette guerre perdue d’avance.

On passe d’une stratégie globale que l’on appliquait aux fabricants, à une stratégie globale applicable localement par des Etats souverains en brandissant le bâton des mesures de rétorsion économique… ce qu’on appelle pudiquement le libre échange en économie.

C’est malin, mais là encore ce ne sera pas suffisant. Le document de travail publié par La Quadrature du Net montre que le Japon et et les USA sont les deux locomotives de ce projet et n’hésitent pas à faire pression sur les Etats pour rendre les fournisseurs d’accès responsables de ce qui transite sur le réseau. Cela porterait un coup fatal à la neutralité du Net, principe fondateur du réseau qui, s’il venait à être remis en cause, modifierait profondément la nature de l’Internet tel que nous le connaissons. Je vous invite à écouter, une fois de plus, la définition que Benjamin Bayart donne de la neutralité du Net avec des mots intelligibles par tous.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

> A la question « Sommes nous capables de poser un dôme opaque sur un pays car le soleil est une concurrence déloyale aux producteurs d’électricité » … la France dit oui … c’est notre exception culturelle à nous, les « créateurs de possible ».

> A la question « Pouvons nous poser un dôme opaque sur plusieurs pays ? », la réponse est oui

> A la question « Pourrons nous quand même voir le soleil malgré le dôme ? », la réponse est oui

> A la question « Pouvons nous créer un réseau alternatif et délaisser un Internet non neutre au profit d’un réseau lourdement chiffré et impossible à surveiller ? », la réponse est oui, il en existe déjà plusieurs

Pourquoi l’ACTA ?

ACTA n’est ni plus ni moins qu’une réponse protectionniste à des difficultés économiques rencontrées par les USA, la Chine commence à faire peur et les USA travaillent donc leur point fort: leur industrie culturelle, et ils entendent bien jouer de tout leur poids. La position du Japon est de marcher main dans la main avec les USA, et pour cause, le pays du soleil levant dispose d’une énorme industrie des biens culturels (si je vous dis consoles de jeux ?).

La Chine de son côté n’est pas vraiment concernée, il faut dire que le gouvernement chinois n’a pas attendu les ACTA pour filtrer Internet et que du coup, la Chine ressemble plus à un gros LAN qu’à l’Internet. Le piratage est loin d’être le problème du gouvernement chinois, il préfère surveiller et enfermer ses opposants, filtrer Twitter ou Facebook.

Les USA et le Japon ont un poids encore considérable sur l’économie mondiale, ils sont donc bien armés pour entrainer quelques pays dans leur vision du nouveau cyber ordre mondial, un monde où le copyright et les brevets porteraient atteinte à la neutralité du Net, et donc comme l’a souligné le Conseil Constitutionnel en France, porteraient de fait atteinte à la liberté d’expression, à la liberté d’entreprendre (un Internet filtré est le meilleur moyen de créer une importante distorsion à la libre concurrence).

Il y aura forcément de la casse avec ACTA, les USA et le Japon entraineront avec eux les pays qu’ils tiennent économiquement dans le creux de leur main, si l’Europe courbe l’échine, c’est qu’elle dit oui à un Yalta de l’Internet dans lequel les valeurs qu’elle défend seront allègrement piétinées par des société privées.

Article initialement publié sur le blog de Bluetouff

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Ma position sur la Loppsi http://owni.fr/2010/02/22/ma-position-sur-la-loppsi/ http://owni.fr/2010/02/22/ma-position-sur-la-loppsi/#comments Mon, 22 Feb 2010 17:22:41 +0000 Jean Michel Planche http://owni.fr/?p=8801 205710716_81bf87ca5f_o

J’avais même indiqué tout cela lors d’une réunion entre professionnels de la profession en SEPTEMBRE 2008. Réunion où étaient présents beaucoup de beau monde. Mais rien n’y a fait et nous sommes maintenant « middle of the road », qui comme chacun le sait « is the most dangerous path ». Et pas seulement pour les hérissons et les ministres de la culture (anciens ou présents).

Pourquoi la Loppsi me dérange, en l’état :

1. Si je ne remets pas en question la lutte contre les pédophiles, je n’accepte pas la diabolisation d’Internet et la méthode utilisée pour justifier le besoin de l’article 6 de la Loppsi 2,

2. Le sujet est suffisamment d’importance pour s’en occuper sérieusement. La mesure proposée donne la fausse impression que la « pédophilie » est sous « contrôle », alors qu’il n’en est absolument rien. Nos enfants ne seront absolument pas mieux protégés après, qu’avant. Tant que l’on ne s’intéresse pas véritablement aux deux extrémités essentielles de la chaîne : les pédophiles et nos enfants, nous ne faisons pas grand chose,

3. Ce filtrage « télécommandé » va créer des points de faiblesse qui vont fragiliser les réseaux des opérateurs. Le risque de devenir plus sensibles à des cyber-attaques est certain et la paralysie des infrastructures entières du pays sera facilitée,

4. L’Internet sera le premier réseau de flux (les routes, l’électricité, le gaz, la poste …) dont l’architecture et l’usage sera sous le contrôle d’un Ministère de l’Intérieur. Que penser alors, lorsque l’Internet deviendra le réseau fédérateur de la plupart de nos échanges, services et usages électroniques ?

5. L’évolution d’Internet et son modèle économique seront laissés au bon vouloir de quelques équipementiers qui auront réussi à imposer leur matériel de filtrage. L’innovation sera bridée et sous le contrôle de quelques uns,

6. Imposer le filtrage aux Fournisseurs d’accès Internet et uniquement à eux est déjà imposer la méthode. Ne pas associer d’autres acteurs de la filière du numérique est une erreur car ce sujet ne concerne pas seulement les opérateurs. Il y a fort à parier que le filtrage se fera par un système qui forcera l’analyse de tous nos échanges, systématiquement, pour accepter ou non l’établissement d’une session. Outre le fait que ce système aura ses propres défaillances et pourra constituer une back door fantastique pour d’autres puissances étrangères, il sera perméable à la volonté politique du moment, que j’espère toujours bonne et éclairée !

7. Nous n’avons pas modifié la structure d’autres réseaux de flux parce que des pédophiles pouvaient utiliser leurs services, nous allons modifier la structure et l’architecture d’Internet. La tendance a la centralisation fera créer des réseaux non adhérents en région, qui ne créeront aucune valeur ajoutée localement. Le transport aérien est un exemple de réseau non adhérent, qui ne créé aucune valeur sur son passage. Au contraire, le bus est un réseau adhérent. Il est possible de sortir à n’importe quelle arrêt pour créer de la valeur localement. L’infrastructure est un élément essentiel de l’attractivité de nos territoires.

8. Empiler les lois en « i » créé un étrange sentiment de vouloir tout sécuriser, aseptiser et contrôler, pour notre plus grand bien, mais sans véritablement nous associer à la démarche et en n’étudiant pas suffisamment les conséquences et les effets collatéraux. Trop de lois tuent les lois. Le risque d’un rejet massif de la nécessité de réforme, à cause d’une forme inadaptée est loin d’être nul.

Et alors, on fait quoi ?

Et bien déjà on en parle … et en particulier j’attends avec impatience le contact des instigateurs du sujet.

Je n’ai pas la science infuse sur tout, mais en l’espèce :

1. je ne crois pas que le filtrage des infrastructures de télécommunications soit LE sujet et LA solution
2. je ne crois pas que le logiciel Hadopi + contrôle parental sur le poste de l’utilisateur final, soit LA solution

Je l’ai déjà dis, à maintes reprises, il manque un élément ESSENTIEL au dispositif.

L’Internet nous a été amené trop rapidement et trop précipitamment à la maison. Je le dis d’autant plus que je ne suis pas responsable de ce sujet, étant plus focalisé sur l’Internet entreprise, dans le passé. Nous avons laissé ce marché à d’autres. Quand nous avons connecté les entreprises, il y avait des conditions préalables, il y avait du transfert de connaissance à faire et des gens censés être compétents derrière. Bref, cela ne se faisait pas aussi simplement que de brancher une arrivée de gaz sur un four.

Ce qui est vrai pour le gaz, pour l’électricité, pour l’eau n’est pas vrai pour l’Internet où en quelques jours, vous pouvez voir arriver cette « facilité » chez vous, sans pour autant être formé, conscient des usages et des dangers et sans avoir de quelconques disjoncteurs général et différentiels.

Il manque à la maison ces disjoncteurs, des disjoncteurs Internet, calibrés non pas en Ampère, mais en « profil de risque ».

Pour ce qui est de l’électricité, il y a des normes, il y a des installateurs agréés qui ne font pas n’importe quoi … mais je peux aussi m’électrocuter et risquer ma vie. Pour autant, des réseaux aussi dangereux et utiles pour notre vie, comme l’électricité et le gaz sont entrés dans nos habitations, sans l’aide du Ministère de l’Intérieur !

Et bien c’est pareil avec Internet. Il manque des installateurs agréés. Il manque des disjoncteurs, EVIDEMMENT SOUS LE CONTROLE DE L’USAGER. Un installateur agréé peut venir faire une installation électronique conforme aux dernières recommandations en vigueur, mais ensuite, si je veux passer mes disjoncteurs de 300 mA à 30 mA … c’est mon problème et ma responsabilité et je le revendique !

Et c’est exactement ce que je dis avec Internet.

Je veux pouvoir filtrer ce que je ne veux pas, mais je veux pouvoir supprimer tout ou partie de ces filtres s’ils ne sont pas conformes (ou s’ils le deviennent) à ma sensibilité, à mon histoire, à mes ambitions. Ce faisant, je cours le risque que la loi s’applique car je serais sur le territoire Français … et tant mieux. Il n’y a aucun problème à cela et il ne faut pas en faire plus que ce que le bon sens peut régler.

Et enfin, si on veut vraiment que ce genre de système existe, il faut donc s’intéresser à la citadelle, au bastion que constitue la « BOX » des opérateurs. Je le répète, proposer ces BOX a été une bonne chose à court terme et à bien servi les intérêts économiques d’un opérateur, mais à moyen terme, cela freine l’innovation aussi sûrement que ce qui s’est passé dans la téléphonie mobile. Faut il attendre un nouvel Apple pour faire voler en éclat cette appropriation de la création de valeur dans notre maison ?

On me rétorquera que la box fait partie du réseau des opérateurs et constitue un élément de fragilité certain qui doit continuer d’être sous le contrôle des opérateurs, seuls aptes à en assurer la sécurité (ou plutôt celle de leur réseau). Cet argument est à la fois vrai et faux.

Souvenez vous, il y a quelques années, nous allions acheter notre point d’accès Wifi à la Fnac, chez Fry’s ou Pixmania. Cela ne fonctionnait pas si mal. Mettions nous notre vie plus en danger ? Le réseau des opérateurs courrait il un risque plus grand ?

Si l’opérateur acceptait de nous livrer une prise réseau ETHERNET à son infrastructure de services et même plusieurs prises normalisées ETHERNET / IP et nous laisser faire ensuite notre travail, la vie en serait simplifiée d’autant.

En effet, une nouvelle race de box pourrait voir le jour, achetée par les utilisateurs finaux et dont les logiciels pourraient être en OPEN SOURCE (pourquoi pas …) et qui assureraient le rôle de gateway résidentielle de la famille, sous le contrôle des responsables de la famille et non des opérateurs ou du ministère de l’Intérieur.

Cette solution aurait pour immense mérite de ménager tout le monde (opérateurs, gouvernement et utilisateurs) et en plus de créer de la valeur pour les pays qui l’auront compris et pourraient prendre une avance considérable sur un sujet mondial que chacun essaye de circonvenir de sa propre façon régalienne ou minitellienne.

Quel dommage que de laisser à d’autres cette avantage technologique décisif et de rester au bord de nos beaux autoroutes Français en criant très fort parce qu’une voiture étrangère vient de nous écraser les pieds et nous pollue.

» Article initialement publié sur jmp.net

» Illustration de page d’accueil par wheresmysocks sur Flickr

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L’éloquence du président Lula en faveur d’un Brésil et d’une société plus libres http://owni.fr/2010/02/02/leloquence-du-president-lula-en-faveur-dun-bresil-et-dune-societe-plus-libres/ http://owni.fr/2010/02/02/leloquence-du-president-lula-en-faveur-dun-bresil-et-dune-societe-plus-libres/#comments Tue, 02 Feb 2010 10:42:20 +0000 aKa (Framasoft) http://owni.fr/?p=7522

Je me souviens de notre première réunion, où je ne comprenais absolument rien au langage employé, et il y avait une tension palpable entre ceux qui défendaient l’adoption du logiciel libre au Brésil et ceux qui estimaient que nous devrions continuer comme avant, garder les mêmes habitudes, acheter, payer l’intelligence des autres et, grâce à Dieu, c’est le parti du logiciel libre qui l’a emporté dans notre pays.

Car nous devions choisir : ou nous allions dans la cuisine préparer le plat que nous voulions manger, avec l’assaisonnement que nous voulions y mettre, et donner un goût brésilien à la nourriture, ou nous mangerions ce que Microsoft voulait vendre aux gens. Et, c’est tout simplement l’idée de la liberté qui l’a emporté.

Ainsi s’exprimait l’été dernier rien moins que le président de la République d’un des plus grands pays au monde, dans un discours dont vous comprendrez aisément pourquoi nous avons fait l’effort de traduire et sous-titrer sa vidéo (j’en profite pour saluer et remercier chaleureusement notre petit équipe de traducteurs lusophones).

Il s’agissait donc du président brésilien Lula, venu inaugurer le 24 juin 2009 à Porto Alegre le dixième Fórum Internacional Software Livre. L’allocution, prononcée sans notes s’il vous plaît, dure une vingtaine de minutes et va bien au delà du simple extrait ci-dessus.

Le logiciel libre a évidemment besoin de toutes ces petites fourmis qui développent et qui diffusent. Mais Il a également besoin de ces hommes d’États éclairés et éclairants.

Ce n’est qu’un discours mais il a valeur de symbole. Merci à ce pays, à son président et à tous ceux qui le conseillent et travaillent autour de lui. L’Histoire retiendra que vous fûtes parmi les pionniers à avoir compris en si haut lieu l’importance d’aborder ce nouveau millénaire en offrant aux gens le plus d’opportunités possibles pour qu’ensemble s’épanouisse leur créativité.

Nous sommes tous des Brésiliens libres ?

Cliquer ici pour voir la vidéo.

» Article initialement publié sur Framasoft

» Illustration de page d’accueil par Pink Sherbet Photography sur Flickr

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Passage à l’ACTA ? http://owni.fr/2010/02/01/passage-a-l%e2%80%99acta/ http://owni.fr/2010/02/01/passage-a-l%e2%80%99acta/#comments Mon, 01 Feb 2010 17:35:19 +0000 Stéphane Favereaux http://owni.fr/?p=7508 Quand la blogosphère technophile ou geek frémit, le net s’éveille. ACTA. ACTA est sur toutes les lèvres, tous les blogs, tous les posts techno… 39 Etats tendent à vouloir s’entendre pour prendre des mesures pour lutter plus efficacement contre la contrefaçon. Depuis le mardi 26 janvier, au Mexique, les discussions vont bon train. Le piratage des biens culturels rentre toujours plus dans le cœur des débats. Loppsi 2, Hadopi 2, Zelnik, la décision italienne de mettre sous coupe réglée les blogueurs trop zélés dans leur lutte contre le gouvernement … les outils liberticides ne manquent pas pour surveiller le Net.

Voilà maintenant que l’on nous sert sur un plateau ACTA…

L’inquiétude est grande face à cet Anti-Counterfeiting Trade Agreement. Les discussions en cours devant mener à la ratification de cet Accord commercial Anti-Contrefaçon posent pour de nombreux blogueurs les raisons d’une lutte aussi ardue que celle menée contre Loppsi 2 (revenant sur la scène publique de plus en plus vide de sens) ou Hadopi 2.

Si le rapport Zelnik se mettait en place dans le plus grand secret, il en va de même pour cet Accord classé Secret Défense, pratiquement … Le culte du secret d’accords concernant l’ensemble des internautes ouvre toujours la porte à toutes les rumeurs, plus ou moins fondées, à toutes les spéculations, plus ou moins basées sur des faits réels.

Il est patent que dans cette affaire, de nombreux pays tels l’Australie, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, la Jordanie, le Maroc, Singapour, les Etats-Unis, l’Union européenne, la Suisse, le Japon, les Emirats Arabes Unis et le Canada, essaient de s’accorder depuis 2007. Autant dire l’ensemble des pays développés. L’ensemble des pays dans lesquels les internautes, en massent téléchargent, piratent /-) et font parfois fi des droits d’auteurs.

Rappels

Ce traité incluant les droits d’auteur, entre autres, poserait donc les bases d’une nouvelle réglementation web internationale. On peut donc se poser la question de savoir si ACTA mettra plus ou moins le net sous surveillance à la façon de l’inapplicable Hadopi en France.

La «puissance» de la Hadopi a pu en effrayer, ce ne fut guère le cas du réseau des Pirates, et ce que l’on sait le l’ACTA n’est a priori guère plus effrayant. Le Net ne semble pas devenir le télécran d’Orwell à la vue des infos qui filtrent des débats et des entretiens menés par ces pays ou ces organisations.

L’un des principaux but de cet accord sera l’harmonisation de la manière dont les États fortement connectés et ceux qui vont l’être toujours plus pourront lutter contre la contrefaçon on-line de films, vidéos, musiques, livres, bref de l’ensemble des biens culturels, mais aussi de lutter contre les expressions plus classiques de la contrefaçon : mode, médicaments, pièces automobiles, etc… Le délit de contrefaçon existe, quoi qu’il en soit, déjà dans le dispositif hadopi 2 en France…

Parmi les mesures clairement identifiées par les documents laissés à «disposition» par l’UE :

> L’obligation pour les FAI de mettre à mal la loi Informatique et Libertés, entre autres, en fournissant sous mandat judiciaire l’identité de l’internaute et son IP … la suspicion risque de s’étendre à nombre d’internautes. De plus, les amateurs de gestion de proxy savent déjà passer outre les barrières que ces lois ou accords veulent mettre en vigueur…

> Les ayants-droits pourraient avoir accès à nos données personnelles sans passer par la case justice … ce qui sur les terres d’Hadopi relève du cynisme le plus odieux.

> Les douaniers pourront débarrasser les voyageurs de leurs ordinateurs, de leurs MP3 ou DDE contenant des fichiers pirates. S’il ne fait aucun doute que ce soit techniquement faisable, quid du respect de la vie privée ? De fait, prévoir du temps lors des passages aux frontières si vous avez un DDE de 1To!! Pour les vols vers les Etats-Unis, prévoir deux jours avant l’embarquement !

> Les sanctions pour la violation des DRM seront accrues

De fait, l’ACTA a priori veut avant tout faire peur. Elle se veut dissuasive. Mais chaque mesure énoncée ne peut être systématisée, faute de quoi, on ne peut plus vivre, échanger, parler, se déplacer. Ou alors, il suffira de ne plus avoir de matériel techno sur soi… à tout le moins de les alléger de leurs contenus piratés. De plus, il est patent que fouiller tous les disques durs y compris externes et les MP3 de la planète lors des passages aux douanes relève de la gageure. Qui plus est, il paraît difficile de prouver que tel ou tel fichier est piraté à moins d’avoir sur soi toute sa CDtèque, DVDtèque… les suppléments bagages vont s’accumuler dans les aéroports …

Secret ≠ paranoïa

Ce qui pose ouvertement problème, c’est la criminalisation du téléchargement et encore une fois des mesures qui vont à l’encontre de la logique technologique que nous connaissons tous.

Mettre dans le même accord sous le même blanc-seing judiciaire et policier un médicament pouvant être mortel, un sac à main et un fichier MP3 pose tout de même question. Le rapport de moyens à fin n’est-il pas totalement délirant? L’objet du délit que constitue un fichier contrefait ne peut être comparé à une industrie du faux médicament quand bien même il existe des internautes ayant monté l’échange de fichiers pirates au niveau industriel. Le niveau de dangerosité est tout de même moindre… sauf pour les producteurs et diffuseurs fermant les yeux devant la dématérialisation des supports.

C’est un fait de plus pouvant amener à penser que ACTA deviendra par la force des choses et le pragmatisme nécessaire dans ce type d’affaire, difficile à mettre en œuvre . On peut même aller jusqu’à penser que ACTA sera mort-né.

Mais… prudence est mère de sureté

Si à la lecture des informations filtrant des discussions tend à se mettre en place une nième attaque contre la vie privée des internautes, contre les libertés fondamentales dont nous disposons tous, et ce avec l’aval de la communauté internationale, il est donc normal et légitime que ReadWriteWeb s’en inquiète en posant la question de ce que pourrait être les changements de la face d’Internet.

Les actes de censures, les volontés de contrôle des autorités chinoises sur Internet, l’affaire Google, participent de ce climat ambiant délétère où le Net est en train d’évoluer. Défendre ses libertés apparaît toujours plus nécessaire et nous devons poursuivre ces luttes entreprises depuis 2007, voire même avant. Cela se pose comme un fait indiscutable. Mais il ne faut en aucun cas hurler au loup!

Le retour sur le devant de la scène de Loppsi 2 nous montre cette Loi d’Orientation toujours plus vidée de sa substance; Hadopi 2: idem puisque, dans les faits, nous l’avons souvent dit ici, ce texte sera inapplicable.

Gageons que le destin de ACTA soit globalement similaire …

Qui plus est, les désaccords entre les Etats, même s’ils sont peu nombreux dans les négociations de ce traité, portent sur deux points particulièrement sensibles:
> les garanties concernant la protection de la vie privée des citoyens. En France, la CNIL a bloqué Hadopi sur cette question en décembre dernier.

> l’extension des pouvoirs des douaniers, défendue principalement par les Etats-Unis.

Sur ce dernier point, et considérée la paranoïa territoriale ambiante outre-Atlantique, il fallait s’y attendre. De plus, la portée réelle, effective, de ce traité est plus qu’incertaine.

La Chine, le Brésil, l’Inde et d’autres pays émergents ne participent pas aux négociations et rien n’est encore établi quant à l’intégration simplifiée dans cet accord pour ces pays. Quant au volet Web de l’accord, pour la Chine, il ne peut pas être pire que ce que le Net chinois est actuellement ! De fait, pourquoi le ratifierait-il ? Quand à la contrefaçon des produits industriels, c’est tout de même la Chine entre autres qui en inonde le monde … bel ironie si ce pays adopte l’accord. Il est vrai que le cynisme politique est sans limite de l’autre côté de la muraille.

Unilatéralité

Ce qui pose réellement problème donc, tout comme ce fut le cas avec la commission Zelnik, c’est qu’encore une fois, aucune association d’internautes n’est conviée à la table des débats. Et sur ce point, s’inquiéter est légitime. La Quadrature du Net s’émeut avec force du culte du secret. Ce qui est sûr, toutefois, selon le parlement européen, c’est que «(…) <span L’analyse de la Commission confirme que le document de travail actuel de l’ACTA restreindrait profondément les droits et<span libertés des citoyens européens (…)».

Loin d’en être au round final, l’ACTA doit être envisagée sereinement en tenant compte des leçons Loppsi et Hadopi, entre autres. Le huitième round de négociations doit se tenir en Nouvelle-Zélande et une signature «définitive» pourrait avoir lieu avant fin 2010.
En dépit des annonces faites, des libertés visiblement amoindries, il faut continuer d’être vigilant, lutter pour conserver nos libertés individuelles, pour faire en sorte que le Net ne soit pas un produit soumis à des règles marchandes mais un réel espace de liberté et d’expression libre.
Toujours est-il qu’en tout état de cause, ACTA pourrait être tout à fait similaire à ses prédécesseurs légaux français et ne faire débat que dans la mesure où la chose réinitialise des peurs liées à ce que nous savons être inapplicable.
S’il est nécessaire, encore une fois, de lutter pour défendre nos libertés, rester anarnautes, et ne pas «laisser faire» les Etats quant à la pénalisation systématique du web, il faut aussi parfois se rendre à l’évidence: à mesure que l’on découvre ce que sera ACTA, cet accord apparaît toujours plus comme un bel exemple de non débat où l’unilatéralité crée les conditions de l’impossible, de l’anti-constitutionnalité, des frayeurs entretenues dans les médias ou sur la blogosphère.

> Illustration: CC par blogpocket sur Flickr


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LOPPSI : une loi martiale pour Internet http://owni.fr/2010/01/21/loppsi-une-loi-martiale-pour-internet/ http://owni.fr/2010/01/21/loppsi-une-loi-martiale-pour-internet/#comments Thu, 21 Jan 2010 10:45:41 +0000 Bluetouff http://owni.fr/?p=7146 La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) va finalement être discutée _en urgence_ à partir du 27 janvier… ou comment s’entêter dans la stratégie de l’échec. Il faut reconnaitre une certaine opiniâtreté à Nicolas Sarkozy… notre président a le don de faire des boulettes, et de les faire vite … c’est un don inné chez lui. LOPPSI dans de telles conditions entérine définitivement l’idée que le Gouvernement déclare la guerre à nos libertés fondamentales.

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Il y a bien évidemment derrière cet empressement une stratégie politique d’asphyxie du débat parlementaire. Échaudé par l’échec cuisant d’HADOPI 1, le gouvernement a donc fait le choix de prendre les parlementaires pour des cons de vitesse en leur laissant un délai très sensiblement réduit pour déposer des amendements, la limite de dépôt est donc fixée au samedi 23 janvier. Rarement un gouvernement aura fait voter des lois d’un tel impact avec si peu de démocratie, c’est une véritable honte, une insulte à ceux qui sont morts pour nos libertés, une insulte à la République et à la démocratie. Le constat est terrible car ce genre de pratiques totalitaristes appliquées à un sujet aussi grave que le filtrage, qui est rappelons le un flicage dans les règles de toute la population, sont les prémices d’une dictature qui ne se voile même plus la face.

Si vous pensez que j’exagère, je vais vous expliquer ce que prévoit LOPPSI avec des mots très simples :

  • Imaginez qu’à chaque fois que vous décrochez votre téléphone, votre conversation soit écoutée .. juste comme ça, juste parce que tout le monde est présumé coupable ;
  • Imaginez que la Poste ouvre SYSTÉMATIQUEMENT le courrier pour s’assurer que ce que contient l’enveloppe ne comporte rien d’illégal … et bientôt de subversif …
  • Imaginez qu’à chaque fois que vous prenez votre véhicule, un GPS affiche votre position en temps réel, votre vitesse (…) au ministère des transports … juste comme ça, pour votre « sécurité »…

Vous ne rêvez plus, souriez, voici la LOPPSI !

Lors de la présentation de Tweest la semaine dernière à la Cantine, Nathalie Kosciusko-Morizet, très fière de son bon mot a lâché une bombe que personne ne semble avoir relevé… une énormité justifiant son soutien pour les mesures de filtrage ! Je cite : « le filtrage permet des cybers écoutes et non cybers perquisitions ». Rarement une tentative de justification de l’injustifiable n’est apparue à mes yeux aussi ridicule… j’en avais rêvé, NKM l’a fait…

Dans cette petite perle, je sais pas pour vous, mais moi ce qui me choque, c’est que :

1° Une perquisition est quelque chose de très encadré, nécessitant l’intervention d’un juge et l’obtention d’une commission rogatoire. En toute logique, une perquisition se justifie donc par un besoin réel de l’autorité judiciaire de contrôle d’une personne sur laquelle sont portés des soupçons légitimes, fruits d’une enquête judiciaire.

2° Une cyber écoute généralisée est issue de la volonté des politiques de restreindre les libertés de tous les citoyens (j’ai beau chercher, je ne trouve AUCUNE autre justification). Le filtrage, comme le défend maintenant très ouvertement Nathalie Kosciusko-Morizet, c’est bien une cyber écoute généralisée… prenez le dans tous les sens, vous arriverez aux mêmes conclusions que les miennes. Ce simple état de fait ne peut être toléré dans une démocratie, si le Conseil Constitutionnel laisse passer un tel affront, c’est qu’il y a bien quelque chose de pourri dans notre « démocratie ».

Ainsi, il convient de dénoncer cette nouvelle urgence que s’est subitement découvert le gouvernement godillot de Nicolas Sarkozy après ses quelques tentatives d’enfumage, d’ici sur l’identité nationale, de là sur la taxe Google qui nous fait passé pour des crétins dans le monde entier…

Il va falloir AGIR contre LOPPSI, et agir :

Vous l’aurez compris, l’heure est grave, c’est le moment de se remuer. Enfin, j’ai beau n’être pas grand chose sur cette toile, j’appelle de toutes mes forces les internautes, les journalistes, les députés de droite comme de gauche, les artistes, vous simples citoyens,  à ouvrir les yeux sur ce qui est en train de se passer, nous avons tous un rôle un jouer, et c’est tout de suite !

» Article initialement publié sur Bluetouff

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Le Numérique pour tous : ! ou ? http://owni.fr/2010/01/11/le-numerique-pour-tous-ou/ http://owni.fr/2010/01/11/le-numerique-pour-tous-ou/#comments Mon, 11 Jan 2010 19:57:13 +0000 Jean Michel Planche http://owni.fr/?p=6917 numeriquepourtous

Curieux qu’en France, nous en soyons encore à essayer de mobiliser tous les acteurs au travers d’un plan «Haut débit pour tous».

Curieux tant cela semblait acquis, grâce à l’offre pléthorique des opérateurs, suffisamment mature pour satisfaire la plupart des critères de ce nouveau label.

Curieux de devoir attendre 2012 pour remplir cet estimable et louable objectif.

Curieux que le Gouvernement, apte à montrer la voie, ne se contente que d’un commun dénominateur bas, en retard par rapport à la réalité de l’Internet d’aujourd’hui :

• une vitesse de réception, 200 fois inférieure à ce que l’on peut trouver dans la plupart des grandes villes,

• une vitesse d’émission à peine supérieure à ce que l’on avait il y a 15 ans (offre Oléane via Numéris),

• une connexion qui peut être tout simplement coupée au delà d’un volume d’échange qui peut être atteint en quelques jours !!!

En fait, à la lecture du cahier des charges du label, on a tout simplement l’impression de la promotion de services d’accès par satellite, d’aujourd’hui. Alors, pourquoi attendre 2012 ?

Pourquoi établir un commun dénominateur bas et risquer une France à deux vitesses, un nivellement vers le bas, par des technologies et un modèle économique mal adaptés aux enjeux de demain ?

N’allons-nous pas recommencer l’erreur d’essayer de transformer nos élus en VRP d’équipementiers qui aujourd’hui demanderont «le haut débit pour tous», comme hier ils ont pu souhaiter l’ADSL dans leur bureau ?

La technologie n’est qu’un moyen au service d’un but. ADSL, fibre, satellite peu importe, du moment que l’on a réellement la possibilité de voir se développer un Internet à haut débit, neutre et symétrique. Un Internet qui ne serait pas qu’un «média», mais bel et bien un réseau d’innovations, ouvert, permettant la participation et la création de valeur de tous.
Aujourd’hui, plus que jamais, il me semble nécessaire, sinon vital de s’engager dans un véritable plan numérique pour tous dont les trois points essentiels sont les suivants :

1/ une infrastructure et un Internet de qualité, neutre, symétrique et à très haut débit

2/ un souci constant de la qualité et de la performance

Il est étrange que ce label, n’exige aucun critère de qualité vraie, alors que la plupart des opérateurs dans le monde savent qu’il s’agit d’un avantage compétitif majeur et que même Bruxelles se penche sur le sujet.
Ce n’est pas parce que nous entrons dans un monde « numérique » que les problèmes de qualité sont réglés. La TNT en est le plus bel exemple. Recevoir en région un signal TNT correct n’implique pas obligatoirement de voir une image de bonne qualité. Si on n’y prête attention, nos territoires seront connectés avec n’importe quoi, n’importe comment et nous dépenserons beaucoup d’argent, le jour où il faudra refaire les choses correctement.

3/ une véritable éducation au numérique est indispensable

Gérard Berry, docteur, chercheur à l’Inria, responsable de la nouvelle chaire d’informatique et de sciences numériques au collège de France, le dit très justement :

« En France, quand on parle de fracture numérique, on se polarise sur la nécessité de rattraper le retard en tant que consommateur, alors que le véritable problème c’est rattraper le retard en tant que créateur. Cela commence par l’éducation, car être créateur, c’est un état mental : il faut d’abord comprendre les choses ».

—- fin de l’article ———–

Je précise que sur ce dernier point,je ne souhaite pas que tous nos concitoyens deviennent des informaticiens hors pairs. Non, le sujet est ailleurs. Il faut CREER DE LA CONSCIENCE en partageant la CONNAISSANCE que nous avons.
On ne peut pas fustiger quotidiennement l’Internet à la télévision, souvent à juste titre sur les exemples choisis et par ailleurs ne rien proposer de concret. La plupart des exemples donnés se soignent par de la CONNAISSANCE, non pas par un niveau de régulation supérieur, inadapté aux enjeux et dangereux pour le futur.

Madame Kosciusko-Morizet, bravo pour les 4,5 Mds d’€, mais ne soyez pas au numérique ce qu’André Maginot a été à notre défense nationale, il y a déjà bien longtemps. Le numérique n’est pas une mince affaire et nous sommes nombreux à compter sur vous.

Sinon, nous aurons perdu beaucoup de temps, d’argent et surtout d’opportunités.
Prenons le train du numérique avec aussi ses opportunités !

article écrit et paru dans Europe Parlementaire “la tribune des élus et des décideurs publics”, Janvier 2010

crédit photo : Nice matin

» Article initialement publié sur jmp.net (avec d’intéressantes précisions en commentaires) /-)

» Illustration de Une par Steve Rhode sur Flickr

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